Kiki, l Histoire d un homme hors du commun.

Des Alpages de Savoie, aux restaurants Parisiens.

Kiki berger:

Kiki, ou plutôt François, est né à Saint-Paul-sur-Isère, petit village de Tarentaise entre Albertville et Moutiers, le 12 Aout 1926. Après avoir perdu son mari dans un accident alors que le jeune garçon n’avait que 3 ans, sa mère, Marceline, prît ses deux enfants et déménagea chez sa grand-mère dans un hameau de la commune de Saint-Paul. Comme tous les enfants de l’époque, le petit François et sa sœur Ginette dormaient à l’écurie, participaient aux travaux des champs, et s’occupaient des bêtes avant et après l’école, où ils descendaient à pied. Pendant les grandes vacances d’été, c’était l’alpage. A cet âge là, Kiki avait déjà de l’ambition et à 15 ans, il montait en grade pour devenir berger des génisses, puis des vaches. Il attachait chaque bête à un piquet qu’il devait déplacer tous les  jours, pour gérer au mieux l’herbe de l’alpage, aujourd’hui devenu la station de ski de Saint François-Longchamp! Comme il le dit si bien: « En ce temps là, les 35 heures, on les faisait en 2 jours! ».

Kiki des chantiers:

A 18 ans, il entendit parler des travaux de la centrale électrique de Tignes: creuser un tunnel de 18km de long sous le Mont Pourris, pour déboucher 900m au dessus de Bourg-Saint-Maurice, au marteau-piqueur individuel, percer la roche et y installer ensuite des bâtons de dynamite! Un excellent moyen pour Kiki de gagner de l’argent afin de mettre des sous de côté, et réaliser son premier rêve: monter à Paris, et apprendre les métiers de la restauration.

Kiki à Paris:

A 22 ans, en 1948, avec son pécule en poche, il partit pour la capitale, se dénicha une petite chambre dans le quartier Latin et, grâce à une connaissance qui lui mit le pied à l’étrier, trouva un apprentissage dans un  des nombreux restaurants Parisiens, non rétribué bien sûr! Il trouva donc aussi un travail chez les « Bougnats » de la place Saint Michel, pour qui il faisait de nombreux sandwichs au jambon d’Auvergne et livrait des sacs de charbon dans les étages. Il évolua vite car il n’était pas du genre à se plaindre, ne rechignait pas à la tâche, et avait un métier qui lui plaisait enfin! C’est ainsi qu’il rejoignit tour à tour la grande brasserie Le Marignan aux Champs-Elysées puis le « Borghese » racheté un moment par le boxeur Sugar Ray Robinson, où se produisaient les Jazzmen noirs Américains. L’affaire fut revendue et le nouveau propriétaire, un homosexuel, décida de garder les trois barmen dont Kiki, à condition qu’ils participent aux numéros réguliers présentés sur scène! « Chez Odette » était un endroit chic où se côtoyaient une riche clientèle Parisienne et les caïds Corses de Pigalle. Le petit François venu de Savoie fut ensuite embauché au restaurant renommé le Grand Véfour, où il admirait le travail, le service, la cuisine, rêvant de tenir un jour à son tour, un restaurant aussi réputé!

Vous connaissez maintenant le début de l’histoire de notre cher Kiki, si vous voulez découvrir comment il ouvrit son fameux restaurant de Méribel, rendez-vous au prochain épisode!